Chapitre 08 · Banques
Liquidation du CELI pour les émigrants : quand cesser, que conserver, quand retirer
Le CELI ne se cristallise pas à l'émigration : il est exclu du régime de disposition réputée par l'alinéa 128.1(4)b) et demeure ouvert après que le titulaire cesse d'être résident canadien. Ce qui change, c'est la position de cotisation (aucune nouvelle cotisation pendant la non-résidence, sous peine d'un impôt de 1 % par mois sur l'excédent) et le traitement fiscal américain (le CELI n'est généralement pas exempté de la déclaration de fiducie étrangère américaine en vertu de la Rev. Proc. 2014-55 ni de la Rev. Proc. 2020-17, et le revenu gagné à l'intérieur du CELI est actuellement imposable pour le titulaire résident américain). La posture de liquidation la plus propre est de cesser les cotisations à la date de départ, de garder le compte ouvert et en croissance, de retirer selon un calendrier fiscalement efficace, et de déclarer au FBAR et sur le formulaire 8938. Ce guide parcourt la mécanique, la récupération des droits de cotisation à un retour futur, et les décisions de déclaration américaines.
Réponse directe · résumé 60 secondes
Le résumé en 60 secondes
Le CELI demeure ouvert après l'émigration d'un Canadien. Les règles canadiennes de disposition réputée ne s'appliquent pas (alinéa 128.1(4)b)). Du côté canadien, aucune nouvelle cotisation ne peut être faite pendant que le titulaire est non-résident : toute cotisation faite pendant la non-résidence est assujettie à un impôt de pénalité de 1 % par mois en vertu de l'article 207.02 de la Loi de l'impôt sur le revenu, appliqué tant que l'excédent demeure dans le compte. Les droits de cotisation sont gelés à la date de départ : ils ne s'accumulent pas pendant la non-résidence. Les retraits du CELI ne sont pas assujettis à la retenue d'impôt canadienne (les distributions du CELI sont exclues de la partie XIII), mais le retrait crée bel et bien de nouveaux droits de cotisation, qui ne peuvent être utilisés que si et lorsque le titulaire rétablit sa résidence canadienne. Du côté américain, le CELI n'est pas spécifiquement exempté par la Rev. Proc. 2014-55 (qui couvre seulement le REER et le FERR) et n'est généralement pas exempté par la Rev. Proc. 2020-17 (qui couvre les fiducies bénéficiant d'un traitement fiscal favorable établies à des fins de retraite, d'éducation ou médicales). Le revenu gagné à l'intérieur du CELI est actuellement imposable sur la 1040 américaine (intérêts, dividendes, gains en capital réalisés, le tout déclaré sur l'annexe B et les lignes pertinentes de la 1040). Le FBAR et le formulaire 8938 s'appliquent si les seuils pertinents sont atteints. Le traitement des formulaires 3520 et 3520-A est une zone grise que les praticiens transfrontaliers compétents traitent différemment ; ce n'est pas une question pour un préparateur généraliste.
Référence · acronymes utilisés dans ce guide
Acronymes utilisés dans ce guide
- ARC : Agence du revenu du Canada
- FBAR : Report of Foreign Bank and Financial Accounts (formulaire FinCEN 114)
- FATCA : Foreign Account Tax Compliance Act
- CIE : Crédit pour impôt étranger
- CPG : Certificat de placement garanti
- IRS : Internal Revenue Service
- LIR : Loi de l'impôt sur le revenu (Canada)
- PFIC : Passive Foreign Investment Company (société étrangère de placement passif)
- RC243 : Formulaire ARC pour la déclaration de CELI (déclaration de cotisations excédentaires)
- REER : Régime enregistré d'épargne-retraite
- CELI : Compte d'épargne libre d'impôt
Section 01À qui s'adresse ce guide
The following table maps the topic across the Canadian provincial side and the Florida / US-federal side.
| Aspect | Règle canadienne (fédéral CA, 10 provinces) | Traitement américain (fédéral US) |
|---|---|---|
| Statut non imposable sur la croissance | Non imposable au titre du fédéral CA, dans les 10 provinces (Loi de l'impôt sur le revenu § 146.2) | NON reconnu comme non imposable aux États-Unis ; la croissance du CELI est imposable pour une « US person » au titre du fédéral US |
| Reporting côté américain | S.O. | FBAR (FinCEN 114), formulaire 8938 et formulaires 3520 / 3520-A chaque année si l'IRS traite le CELI comme « foreign trust » (position IRS dominante 2024-2025) |
| Cotisations permises après l'émigration | AUCUNE nouvelle cotisation (règle fédérale CA) ; les droits de cotisation cessent de s'accumuler une fois non-résident | S.O. |
| Action recommandée pour l'émigrant | Les résidents du Québec peuvent subir une récupération de droits de cotisation différente d'une province à l'autre | La liquidation du CELI avant le début de la résidence fiscale américaine est la recommandation standard des praticiens |
Ce guide s'adresse à un Canadien qui a cessé sa résidence fiscale canadienne et est devenu résident américain, détenant un CELI dans une institution financière canadienne. Le lecteur se demande quoi faire avec le compte : le conserver, le décumuler, le détenir comme un véhicule passif, et comment le côté américain le déclare.
Ce guide ne s'adresse pas à un Canadien qui demeure résident du Canada, pour qui les règles canadiennes habituelles du CELI s'appliquent sans dimension américaine. Il ne s'adresse pas non plus à une personne américaine qui n'a jamais résidé au Canada et se demande comment accéder à des régimes canadiens (un cas de figure différent).
Section 02Ce qui ne change pas après le déménagement
Le CELI demeure un compte enregistré canadien valide. L'institution financière canadienne continue de l'administrer en vertu du droit canadien. Les placements à l'intérieur du compte continuent de croître à l'abri de l'impôt aux fins canadiennes (la caractéristique déterminante du CELI). Il n'y a pas de disposition réputée canadienne en vertu de l'article 128.1, parce que le CELI est exclu du régime de disposition réputée par l'alinéa 128.1(4)b).
L'ARC continue de reconnaître le titulaire comme propriétaire bénéficiaire. L'institution peut toutefois imposer des restrictions internes à un titulaire de CELI non-résident : certaines institutions cessent d'autoriser de nouvelles transactions sur les comptes enregistrés une fois que le titulaire est non-résident. Confirmer la politique de CELI pour les non-résidents de l'institution par écrit avant le départ est plus fiable que de découvrir la restriction après le déménagement.
Les avoirs existants à l'intérieur du CELI continuent de croître à l'abri de l'impôt aux fins canadiennes. Un retrait du CELI après le départ n'est pas assujetti à la retenue canadienne de la partie XIII (les distributions du CELI sont expressément exclues de la retenue d'impôt de non-résident en vertu de la Loi de l'impôt sur le revenu). Le retrait peut être reçu en dollars canadiens ou, si l'institution le supporte, en dollars américains.
À retenir : le CELI n'a pas besoin d'être liquidé avant le départ. Il continue de fonctionner comme véhicule à l'abri de l'impôt aux fins canadiennes, avec en plus des obligations de déclaration américaines et un traitement fiscal différent du revenu du côté américain.
Section 03Ce qui change : la règle canadienne sur les cotisations
Une fois que le titulaire est non-résident, toute cotisation faite au CELI est une cotisation de non-résident en vertu de l'article 207.01 de la LIR, qui est traitée comme une cotisation excédentaire. La pénalité est de 1 % par mois sur le montant excédentaire le plus élevé pendant le mois, pour chaque mois où l'excédent demeure dans le compte, appliquée en vertu de l'article 207.02 de la LIR.
La pénalité est significative parce qu'elle se compose. Une cotisation excédentaire de 10 000 CAD qui demeure dans le compte pendant 12 mois génère 1 200 CAD d'impôt de pénalité (10 % de la cotisation). La pénalité est déclarée sur le formulaire RC243 (Déclaration du compte d'épargne libre d'impôt), qui est le formulaire de déclaration CELI dédié, exigible le 30 juin de l'année suivant l'année de la cotisation excédentaire.
Conséquence pratique : annulez tout plan de cotisation préautorisé au CELI à compter de la date de départ. L'institution peut ne pas cesser automatiquement les dépôts lorsque le titulaire cesse d'être résident canadien : la responsabilité incombe au titulaire.
Droits de cotisation pendant la non-résidence. Les droits annuels de cotisation au CELI continuent de s'accumuler uniquement pour les résidents. Un non-résident ne gagne aucun nouveau droit CELI pour aucune année de non-résidence. Les droits inutilisés des années antérieures de résidence sont préservés. Si le titulaire retire pendant la non-résidence, le retrait crée tout de même un « droit de retrait » qui devient utilisable lors d'un retour futur à la résidence canadienne, selon la règle standard de l'année suivante (le droit de retrait est ajouté l'année civile suivant l'année du retrait).
Rétablissement de la résidence canadienne. Si le titulaire retourne ultérieurement à la résidence canadienne, les droits de cotisation au CELI se récupèrent comme suit : les droits inutilisés antérieurs sont préservés, les droits des années de non-résidence ne sont pas ajoutés rétroactivement, et tout droit de retrait provenant de retraits pris pendant la non-résidence est rajouté au calcul des droits de cotisation du titulaire l'année suivant l'année du retrait (la règle standard, qui s'applique indépendamment de la résidence).
À retenir : cessez toutes les cotisations au CELI à la date de départ, annulez les plans de cotisation préautorisés, et acceptez que les droits de cotisation soient gelés pendant la non-résidence.
Section 04Ce qui change : le traitement fiscal américain
C'est là que le CELI diffère nettement du REER et du FERR. Le traitement fiscal américain d'un CELI détenu par une personne américaine est défavorable.
Pas de report par traité. La Convention fiscale Canada-États-Unis n'inclut pas le CELI dans la portée du paragraphe 7 de l'article XVIII (qui prévoit le report par traité pour les régimes de retraite canadiens). Le CELI n'est pas un régime de retraite ; c'est un compte d'épargne à l'abri de l'impôt à finalité générale. Le traité ne préserve pas le statut à l'abri de l'impôt dont le CELI bénéficie aux fins canadiennes.
Le revenu à l'intérieur du CELI est actuellement imposable sur la 1040 américaine. Les intérêts, dividendes, gains en capital réalisés à l'intérieur du CELI, et tout autre flux de revenu sont déclarés sur la 1040 du titulaire américain pour l'année où ils sont accumulés. Le revenu est imposé aux taux marginaux réguliers du titulaire américain. Le CELI est, aux fins américaines, transparent : le revenu à l'intérieur est imposé comme s'il était détenu dans un compte imposable régulier.
Pas d'exemption en vertu de la Rev. Proc. 2014-55. La Revenue Procedure 2014-55, qui a exempté le REER et le FERR de la déclaration de fiducie étrangère et a fourni le report automatique par traité, s'applique uniquement aux « régimes de retraite canadiens » dans la portée du paragraphe 7 de l'article XVIII. Le CELI est hors de cette portée.
Exemption limitée ou nulle en vertu de la Rev. Proc. 2020-17. La Revenue Procedure 2020-17 exempte certaines « fiducies étrangères bénéficiant d'un traitement fiscal favorable » des formulaires 3520 et 3520-A, mais uniquement celles établies et exploitées exclusivement ou presque exclusivement pour fournir des prestations de pension ou de retraite, ou pour fournir des prestations médicales, d'invalidité ou d'éducation. Le CELI, étant un compte d'épargne à finalité générale, ne satisfait généralement pas cette norme. Certains praticiens soutiennent qu'un CELI utilisé en pratique comme véhicule d'épargne-retraite pourrait être amené dans le cadre de la Rev. Proc. 2020-17 selon une analyse des faits et circonstances. L'IRS n'a pas émis de directive spécifique sur le CELI, et les praticiens transfrontaliers compétents tiennent des positions différentes.
Formulaires 3520 et 3520-A : la zone grise. Une lecture littérale des règles sur les fiducies étrangères suggère qu'un CELI pourrait être une fiducie étrangère exigeant la déclaration sur les formulaires 3520 et 3520-A. Les pénalités pour non-production sont sévères : 10 000 USD minimum, avec pénalités additionnelles pour non-conformité continue. Positions des praticiens :
- Position prudente. Produire les formulaires 3520 et 3520-A annuellement pour le CELI. Accepter le fardeau administratif en échange de la protection contre l'exposition au pire scénario de pénalité.
- Position modérée. Ne pas produire les formulaires 3520 et 3520-A. Déclarer le CELI au FBAR et sur le formulaire 8938. Déclarer tout revenu gagné à l'intérieur du CELI sur la 1040. C'est la position que plusieurs praticiens prennent en se fondant sur la posture administrative apparente de l'IRS.
- Position agressive. Ne produire aucun formulaire lié au CELI au-delà de la 1040 régulière. Ne pas déclarer non plus au FBAR ou sur le formulaire 8938 (cette position est rare et non soutenue par les règles actuelles ; non recommandée).
FBAR (formulaire FinCEN 114) et formulaire 8938. Les deux s'appliquent si les seuils pertinents sont atteints. Seuil FBAR : 10 000 USD agrégés de tous les comptes financiers étrangers à un moment quelconque pendant l'année. Seuil du formulaire 8938 : 50 000 USD à 75 000 USD pour les déclarants célibataires résidents américains, plus élevés pour les mariés produisant conjointement et pour les contribuables résidant à l'étranger. Le CELI est déclarable sur les deux.
Question PFIC. Si le CELI détient des fonds communs canadiens ou des FNB canadiens (plutôt que des titres individuels ou des CPG), les avoirs peuvent constituer des Passive Foreign Investment Companies (PFIC) aux fins fiscales américaines. La déclaration PFIC sur le formulaire 8621 est plus complexe que la déclaration ordinaire et peut produire des résultats fiscaux punitifs (charges d'intérêts sur le revenu différé, imposition aux taux ordinaires les plus élevés plutôt qu'aux taux de gains en capital). L'étape pré-départ la plus propre est de convertir les avoirs CELI de fonds communs canadiens vers des titres individuels ou des CPG avant de devenir résident américain.
À retenir : la proposition de valeur du CELI (croissance à l'abri de l'impôt canadien) est partiellement ou complètement annulée par l'imposition courante américaine du même revenu. Le titulaire transfrontalier ne devrait pas présumer que le CELI continue de fonctionner comme véhicule à l'abri de l'impôt.
Section 05L'arbre de décision de liquidation
Étant donné le traitement américain défavorable, le titulaire transfrontalier a trois choix structurels.
Option A : Liquider le CELI avant le départ. Vendre tous les avoirs, retirer la liquidité, et fermer le compte dans l'année avant de devenir résident américain. Le retrait ne génère aucun impôt canadien (les retraits de CELI sont à l'abri de l'impôt pour les résidents canadiens). Les droits de cotisation des années antérieures sont préservés si le titulaire retourne ultérieurement à la résidence canadienne. Cette option est la plus propre du point de vue de l'administration fiscale américaine : il n'y a pas de CELI sur la production américaine.
Option B : Garder le CELI ouvert avec des avoirs prudents. Maintenir le compte, mais passer à des placements qui minimisent la friction fiscale américaine : épargne à intérêt élevé ou CPG (intérêts uniquement, pas de question PFIC), ou actions individuelles (pas de question PFIC, gains en capital imposés aux taux américains à la réalisation). Éviter les fonds communs canadiens et les FNB canadiens (PFIC). Déclarer le revenu annuellement sur la 1040, produire le FBAR et le formulaire 8938. Cette option préserve le statut canadien à l'abri de l'impôt et les droits de cotisation pour un retour futur.
Option C : Liquidation sur un calendrier pluriannuel. Retirer une portion du CELI chaque année, réduisant graduellement le solde du compte et l'exposition fiscale américaine sur le revenu accumulé. C'est le terrain milieu : le compte n'est pas fermé (préservant l'optionnalité d'un retour futur), mais l'empreinte fiscale américaine est réduite avec le temps.
Le bon choix dépend de :
- La taille du solde du CELI.
- La probabilité d'un retour futur à la résidence canadienne (et la valeur des droits de cotisation comme réserve).
- La composition des placements (exposition PFIC, types de revenu).
- Le taux marginal américain du titulaire.
À retenir : la bonne liquidation du CELI est une décision structurelle qui devrait être prise en coordination avec le fiscaliste transfrontalier, pas improvisée après le déménagement.
Section 06Exemple chiffré
Un Canadien (40 ans) émigre en Floride avec la position CELI suivante à la date de départ :
- Solde du CELI : 105 000 CAD.
- Placements à l'intérieur : 50 % FNB de dividendes canadiens (PFIC), 30 % actions américaines individuelles de premier plan (pas de PFIC), 20 % épargne à intérêt élevé.
- Droits de cotisation utilisés : pleinement (le titulaire a maximisé les droits chaque année).
Ajustements pré-départ (3 à 6 mois avant le déménagement). Le titulaire vend le FNB de dividendes canadiens à l'intérieur du CELI (aucun impôt canadien ; retrait à l'abri de l'impôt à la vente). Remplace par des actions canadiennes et américaines individuelles de premier plan (pas de PFIC). Après le rééquilibrage, le CELI détient des actions individuelles et de l'épargne à intérêt élevé, sans exposition PFIC.
Date de départ. Aucune cotisation supplémentaire. Le plan de cotisation préautorisé est annulé. L'institution est avisée du changement de résidence.
Première année fiscale américaine. Le titulaire déclare les intérêts de l'épargne à intérêt élevé sur l'annexe B. Les dividendes des actions individuelles déclarés sur l'annexe B (taux des dividendes admissibles disponible dans la mesure où les sociétés sous-jacentes satisfont les règles des dividendes admissibles). Les gains en capital réalisés sur toute vente d'action individuelle pendant l'année déclarés sur l'annexe D. FBAR et formulaire 8938 produits (le solde du CELI plus d'autres comptes canadiens déclenchent les deux seuils).
Position formulaire 3520 / formulaire 3520-A. Le CPA transfrontalier du titulaire prend la position modérée : produire le FBAR et le formulaire 8938, déclarer tout revenu sur la 1040, ne pas produire les formulaires 3520 ou 3520-A. La position est documentée au dossier.
Années 2 à 5. Le titulaire retire progressivement 20 000 à 25 000 CAD par année du CELI, réinvestissant le produit après-impôt américain dans un compte de courtage imposable américain ou un Roth IRA (assujetti aux règles de cotisation américaines). À l'année 5, le solde du CELI est d'environ 10 000 CAD.
Année 6. Le titulaire ferme le CELI. L'institution canadienne émet un relevé de fermeture. Aucun problème fiscal canadien. Du côté américain, le titulaire déclare le revenu de l'année finale et cesse la déclaration CELI à compter de ce moment. Les droits de cotisation des années antérieures de résidence canadienne sont préservés si le titulaire retourne un jour à la résidence canadienne.
À retenir : l'Option C (liquidation pluriannuelle) réduit la friction administrative américaine avec le temps tout en gardant ouverte l'option d'un retour futur. Le rééquilibrage pré-départ pour éliminer l'exposition PFIC est la seule étape défensive la plus importante.
Section 07Erreurs courantes
Cotiser au CELI après être devenu résident américain. La pénalité de 1 % par mois en vertu de l'article 207.02 est mécanique et s'applique pour chaque mois où l'excédent demeure. La pénalité s'ajoute à l'imposition courante américaine du revenu gagné à l'intérieur du montant excédentaire. Annulez les cotisations préautorisées à la date de départ.
Détenir des fonds communs canadiens ou des FNB canadiens dans un CELI en tant que résident américain. Le traitement PFIC est punitif. Le titulaire a l'option de faire un choix « qualified electing fund » (formulaire 8621), qui mitige mais n'élimine pas la question, et exige que le fonds fournisse des relevés annuels d'information PFIC (la plupart des fonds canadiens ne le font pas). Le traitement par défaut (sans choix) impose des charges d'intérêts sur le revenu différé et l'imposition aux taux ordinaires les plus élevés. Éliminez l'exposition PFIC avant de devenir résident américain.
Présumer que le CELI est « le Roth IRA canadien » aux fins fiscales américaines. Il ne l'est pas. Le Roth IRA bénéficie d'un traitement à l'abri de l'impôt américain par disposition statutaire explicite. Le CELI n'a pas cela. La Convention Canada-États-Unis traite les deux différemment ; le statut canadien à l'abri de l'impôt du CELI ne se transfère pas au côté américain.
Omettre de déclarer le revenu CELI sur la 1040. La croissance du CELI pour résident canadien est à l'abri de l'impôt ; la croissance du CELI pour résident américain est actuellement imposable. Le défaut de déclarer est une non-divulgation de revenu de source étrangère, qui a son propre régime de pénalités indépendant du FBAR ou du formulaire 8938.
Sauter le FBAR ou le formulaire 8938. Le CELI compte vers le seuil agrégé de 10 000 USD du FBAR et vers les seuils du formulaire 8938. Les pénalités pour non-divulgation sont substantielles (12 921 USD par compte pour les violations FBAR non délibérées ; beaucoup plus pour les délibérées).
Utiliser un préparateur d'impôts généraliste. Le traitement transfrontalier du CELI est une spécialité. Un préparateur généraliste qui ne l'a pas traité auparavant peut par défaut produire les formulaires 3520 et 3520-A « par sécurité », générant du bruit administratif. Ou peut par défaut ignorer le compte, générant du risque de non-conformité. Le bon professionnel est un CPA transfrontalier avec une expérience documentée sur les positions CELI.
Traiter le CELI comme s'il avait un avantage de retrait à l'abri de l'impôt du côté américain. Le retrait du capital du CELI (les cotisations originales) n'est pas un événement imposable américain (les cotisations ont été faites avec des dollars canadiens après impôt et ne sont pas imposables au retrait). Mais le revenu gagné à l'intérieur du CELI est imposable américain au fur et à mesure qu'il s'accumule, indépendamment de son retrait ou non. La mécanique de retrait du côté canadien est à l'abri de l'impôt ; la mécanique du côté américain est fondée sur le revenu, pas sur les retraits.
Section 08Liste de vérification étape par étape
3 à 6 mois avant le départ
- Inventorier les avoirs du CELI et identifier toute exposition PFIC (fonds communs canadiens, FNB canadiens).
- Rééquilibrer vers des titres individuels ou des instruments portant intérêts pour éliminer l'exposition PFIC.
- Décider entre l'Option A (liquider), l'Option B (garder ouvert, avoirs prudents), ou l'Option C (liquidation pluriannuelle).
- Annuler tout plan de cotisation préautorisé au CELI à compter de la date de départ.
Date de départ et immédiatement après
- Confirmer à l'institution canadienne que vous êtes non-résident.
- Mettre à jour l'adresse au dossier auprès de l'institution à l'adresse américaine.
- Si Option A : compléter le retrait et la fermeture du compte avant la date de départ.
Chaque année fiscale américaine après le départ
- Déclarer les intérêts, dividendes et gains en capital de source CELI sur la 1040.
- Produire le FBAR (FinCEN 114) si l'agrégat des comptes étrangers dépasse 10 000 USD.
- Produire le formulaire 8938 si les seuils FATCA sont atteints.
- La position formulaire 3520 / formulaire 3520-A est prise avec le CPA transfrontalier, documentée au dossier.
Retour futur à la résidence canadienne (le cas échéant)
- Confirmer la récupération des droits de cotisation au CELI : les droits inutilisés antérieurs sont préservés ; les droits des années de non-résidence ne sont pas ajoutés rétroactivement ; les droits de retrait sont rajoutés selon la règle standard de l'année suivante.
- Reprendre les cotisations seulement après que la résidence canadienne soit rétablie.
Section 09Foire aux questions
Q. Si je retire de mon CELI avant de devenir résident américain, puis-je recotiser l'année suivante ?
R. Le retrait crée des droits de cotisation égaux au montant retiré, ajoutés à votre calcul de droits l'année civile suivant l'année du retrait. Si vous devenez résident américain entre les deux, les nouveaux droits sont créés dans une année de non-résidence et ne sont pas utilisables pour des cotisations de non-résident (parce qu'aucune cotisation ne peut être faite pendant la non-résidence).
Q. Mon conjoint résident canadien peut-il cotiser à mon CELI après que je devienne résident américain ?
R. Non. Le CELI appartient au titulaire, et la résidence du titulaire détermine si les cotisations sont permises. Le conjoint peut cotiser à son propre CELI si le conjoint demeure résident canadien.
Q. Les retraits du CELI sont-ils assujettis à la retenue d'impôt canadienne ?
R. Non. Les retraits du CELI sont exclus du régime de retenue de la partie XIII pour les non-résidents. L'institution canadienne remet le montant du retrait en totalité.
Q. Les retraits du CELI sont-ils imposables du côté américain ?
R. La portion en capital du retrait (vos cotisations originales) n'est pas imposable. La portion de revenu a déjà été imposée annuellement du côté américain au fur et à mesure de son accumulation (en présumant que le titulaire a déclaré), donc le retrait du revenu n'est pas un événement imposable distinct. Cela diffère structurellement d'un Roth IRA américain, où les distributions admissibles sont à l'abri de l'impôt aux fins américaines ; le statut « à l'abri de l'impôt » du CELI s'applique uniquement du côté canadien.
Q. Et si je suis double citoyen américano-canadien qui a toujours été une personne américaine mais qui a résidé au Canada pendant quelques années ?
R. Vous auriez dû déclarer le CELI sur votre 1040 américaine annuelle pour chaque année de détention. Si vous ne l'avez pas fait, les Streamlined Filing Compliance Procedures de l'IRS peuvent être disponibles pour rattraper sans l'exposition au pire scénario de pénalité, selon vos faits. C'est une position à prendre avec un fiscaliste transfrontalier.
Q. Devrais-je ouvrir un REER canadien plutôt qu'un CELI avant d'émigrer, étant donné le meilleur traitement fiscal américain du REER ?
R. Le REER et le CELI servent des fins différentes. Le REER permet une déduction d'impôt de l'année courante au niveau canadien (avec impôt futur sur les retraits) ; le CELI ne le fait pas. Pour un Canadien planifiant une émigration permanente à moyen terme, le REER conserve un traitement transfrontalier favorable en vertu du paragraphe 7 de l'article XVIII et est structurellement préférable au CELI sur le plan transfrontalier. Le choix entre eux pour un Canadien qui ne planifie pas d'émigrer est une analyse distincte fondée sur la planification fiscale canadienne.
Chaque chiffre, taux, seuil et échéance de ce guide est tiré d'une source primaire vérifiable listée au bas de la page. L'article est mis à jour lorsque les règles sous-jacentes changent, avec une nouvelle date de révision en haut.
Hors-périmètre et guides connexes
Guides connexes et ce que cet article ne couvre pas
Ce guide traite la gestion d'un compte ou régime spécifique après l'émigration vers les États-Unis. Les règles transversales (FATCA, FBAR, T1135, traités fiscaux Canada-É.-U.) sont traitées dans des guides distincts du chapitre banques.
Hors-périmètre : les particularités de l'institution financière (pénalités contractuelles, frais de fermeture). Vérifier directement avec l'institution. Les implications fiscales de la liquidation d'actifs sont traitées au guide IRS Form 8854 et au guide ACB pour les biens canadiens à la sortie.
Sources et références
Sources publiques vérifiées en date de la dernière révision.
- Agence du revenu du Canada, Compte d'épargne libre d'impôt (CELI), Guide pour les particuliers. https://www.canada.ca/fr/agence-revenu/services/formulaires-publications/publications/rc4466.html
- Lois Justice Canada, Loi de l'impôt sur le revenu, L.R.C. 1985, ch. 1 (5e suppl.), article 207.01 (cotisations excédentaires au CELI) et article 207.02 (impôt de 1 % sur l'excédent). https://laws-lois.justice.gc.ca/fra/lois/I-3.3/
- Internal Revenue Service, Foreign trust reporting requirements and tax consequences. https://www.irs.gov/businesses/international-businesses/foreign-trust-reporting-requirements-and-tax-consequences
- Internal Revenue Service, Revenue Procedure 2020-17 (Exemption des fiducies étrangères bénéficiant d'un traitement fiscal favorable des formulaires 3520 / 3520-A). https://www.irs.gov/pub/irs-drop/rp-20-17.pdf
- Internal Revenue Service, About Form 8621 (Information Return by a Shareholder of a Passive Foreign Investment Company or Qualified Electing Fund). https://www.irs.gov/forms-pubs/about-form-8621
- Internal Revenue Service, About Form 8938 (Statement of Specified Foreign Financial Assets). https://www.irs.gov/forms-pubs/about-form-8938
- Financial Crimes Enforcement Network, FBAR Filing Requirements (FinCEN Form 114). https://www.fincen.gov/resources/filing-information
- Agence du revenu du Canada, Formulaire RC243 (Déclaration du compte d'épargne libre d'impôt). https://www.canada.ca/fr/agence-revenu/services/formulaires-publications/formulaires/rc243.html
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