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Succession · Planification successorale floridienne · Éviter l'homologation

La fiducie révocable vivante en Floride

La fiducie révocable vivante (revocable living trust, RLT) est l'outil floridien standard pour garder des biens hors de l'homologation tout en en conservant le plein contrôle de son vivant. Elle convient bien à de nombreux résidents de la Floride. Pour un Canadien, elle comporte une complication sérieuse : les États-Unis traitent la fiducie comme si elle n'existait pas, alors que le Canada la traite comme un contribuable séparé. Ce décalage crée un piège fiscal transfrontalier, avec une disposition réputée tous les 21 ans, l'attribution du revenu de la fiducie au constituant, et un risque de double imposition. Et comme tout outil d'évitement de l'homologation, elle ne retire pas le bien floridien de l'impôt successoral américain.

Réponse directe · synthèse 60 secondes

Un Canadien devrait-il utiliser une fiducie révocable vivante floridienne ?

Une fiducie révocable vivante évite l'homologation floridienne pour tout bien immatriculé en son nom et laisse le constituant garder le plein contrôle de son vivant, mais pour un résident canadien elle crée habituellement plus de problèmes fiscaux qu'elle n'en règle. Le constituant transfère des biens dans une fiducie qu'il contrôle, agit comme fiduciaire et bénéficiaire principal, et nomme un fiduciaire successeur pour distribuer les biens au décès sans homologation. Le piège est transfrontalier : les États-Unis traitent une fiducie révocable comme une entité transparente (disregarded entity), tandis que le Canada traite une fiducie comme un contribuable séparé. Une fiducie résidente du Canada subit une disposition réputée à la juste valeur marchande tous les 21 ans en vertu de la Loi de l'impôt sur le revenu, l'attribution de son revenu au constituant, une déclaration lourde à l'ARC et à l'IRS, et un risque réel de double imposition. Les cabinets transfrontaliers conseillent généralement aux Canadiens d'éviter une fiducie révocable vivante, ou de l'effondrer avant de devenir résident canadien, à moins qu'un spécialiste en fiscalité transfrontalière ne pilote le plan. La fiducie n'évite pas non plus l'impôt successoral américain : l'IRS regarde à travers elle, et le bien floridien compte toujours dans la succession de source américaine. Sources : Florida Trust Code (Florida Statutes ch. 736) ; Loi de l'impôt sur le revenu, art. 104(4) (disposition réputée des 21 ans), art. 75(2) (attribution) ; cabinets de fiscalité transfrontalière.

Référence · termes utilisés dans ce guide

Termes utilisés dans ce guide

  • Constituant (grantor, settlor) : la personne qui crée la fiducie et y transfère ses biens.
  • Fiduciaire (trustee) : la personne qui gère les biens de la fiducie. Dans une fiducie révocable vivante, le constituant est habituellement le fiduciaire de son vivant.
  • Fiduciaire successeur (successor trustee) : la personne qui prend la gestion à l'incapacité ou au décès du constituant.
  • Bénéficiaire : la personne ayant droit aux biens de la fiducie. Le constituant est le bénéficiaire principal de son vivant ; d'autres prennent ensuite.
  • Financement (funding) : l'acte de ré-immatriculer chaque bien au nom de la fiducie. Sans financement, la fiducie ne contrôle rien.
  • Révocable : le constituant peut modifier ou dissoudre la fiducie en tout temps de son vivant.
  • Entité transparente (disregarded entity) : un concept fiscal américain selon lequel la fiducie est ignorée pour l'impôt sur le revenu et traitée comme le constituant lui-même.
  • Règle des 21 ans : la règle canadienne selon laquelle une fiducie résidente est réputée disposer de ses immobilisations à la juste valeur marchande tous les 21 ans.
  • Loi de l'impôt sur le revenu (Income Tax Act, ITA) : la loi fédérale canadienne qui régit l'imposition d'une fiducie au Canada.
  • Règles d'attribution : des règles canadiennes qui imposent certains revenus et gains de la fiducie entre les mains du constituant plutôt que de la fiducie.

Section 01Ce qu'est une fiducie révocable vivante

En brefLe constituant transfère des biens dans une fiducie qu'il contrôle comme fiduciaire et bénéficiaire principal, et nomme un fiduciaire successeur pour distribuer les biens au décès. Tout bien immatriculé au nom de la fiducie passe hors homologation.

Une fiducie révocable vivante est un arrangement juridique créé du vivant du constituant, en vertu du Florida Trust Code, pour détenir et transmettre ses biens. La structure est délibérément autonome : le constituant crée la fiducie, y transfère des biens, agit comme fiduciaire qui gère ces biens, et est le bénéficiaire principal qui en jouit de son vivant. Rien ne change au contrôle quotidien : le constituant utilise et dirige les biens exactement comme avant.

Ce que la fiducie ajoute, c'est un plan intégré pour le décès. Le constituant nomme un fiduciaire successeur et les bénéficiaires qui prennent ensuite. Au décès du constituant, le fiduciaire successeur entre en fonction et distribue les biens de la fiducie directement à ces bénéficiaires, sans procédure judiciaire. Parce que les biens appartiennent à la fiducie plutôt qu'à la personne décédée, ils ne font pas partie de la masse successorale soumise à l'homologation, et l'homologation accessoire floridienne que les héritiers d'un propriétaire canadien affronteraient autrement est évitée pour tout ce que la fiducie détient. Contrairement à un acte, qui transfère un seul bien, une fiducie financée peut porter plusieurs biens à la fois : plusieurs propriétés, comptes et placements répartis sur plus d'un État.

Fait vérifié En vertu du Florida Trust Code (Florida Statutes ch. 736), les biens immatriculés au nom d'une fiducie révocable vivante appartiennent à la fiducie, et non à l'individu, de sorte qu'au décès du constituant le fiduciaire successeur les distribue hors homologation. Le constituant peut agir comme fiduciaire et bénéficiaire principal de son vivant.Sources : Florida Statutes ch. 736 (Florida Trust Code).

Section 02L'exigence de financement

En brefUne fiducie ne contrôle que les biens réellement ré-immatriculés en son nom. Une fiducie non financée, même bien rédigée, n'évite aucune homologation.

L'échec le plus fréquent d'une fiducie révocable vivante n'a rien à voir avec le document et tout à voir avec ce qui le suit. Signer la fiducie ne transfère aucun bien en son sein. Chaque bien doit être ré-immatriculé au nom de la fiducie, une étape appelée financement : l'acte d'une propriété est modifié pour mettre la fiducie sur le titre, les comptes sont ré-enregistrés au nom de la fiducie, et ainsi de suite pour chaque actif que le plan est censé couvrir.

Un bien qui n'est jamais financé reste au nom propre du constituant, et au décès il passe par l'homologation exactement comme si aucune fiducie n'existait. Un Canadien qui signe une fiducie mais laisse le condo floridien au titre de son nom personnel a acheté un document qui ne fait rien pour ce condo. Le financement n'est pas une formalité optionnelle, c'est l'étape qui fait fonctionner la fiducie, et il doit être complété puis maintenu à mesure que de nouveaux biens sont acquis.

Fait vérifié Une fiducie révocable vivante n'évite l'homologation que pour les biens qui ont été ré-immatriculés au nom de la fiducie. Un bien laissé au nom personnel du constituant passe par l'homologation, peu importe le document de fiducie.Sources : Florida Statutes ch. 736 ; pratique standard de planification successorale floridienne.

Section 03La protection en cas d'incapacité

En brefSi le constituant devient incapable, le fiduciaire successeur reprend immédiatement les biens de la fiducie, sans tutelle judiciaire. C'est l'un des avantages réels de la fiducie sur un acte.

Une fiducie révocable vivante fait une chose que les actes d'évitement de l'homologation ne font pas : elle planifie l'incapacité autant que le décès. Si le constituant devient incapable de gérer ses affaires, le fiduciaire successeur nommé dans la fiducie peut entrer en fonction et gérer les biens de la fiducie sans délai, selon les modalités fixées par le constituant. Il n'est pas nécessaire de demander à un tribunal floridien de nommer un tuteur sur les biens de la personne, un processus lent, public et coûteux.

Pour un Canadien qui passe une partie de l'année en Floride et y détient des biens, cela compte. Sans fiducie ni procuration distincte valide et reconnue en Floride, une incapacité pourrait laisser les biens floridiens gelés jusqu'à ce qu'une tutelle soit organisée de l'autre côté de la frontière. La fiducie garde la gestion sans heurt. Cette fonction d'incapacité, plus que l'évitement de l'homologation, est souvent la raison la plus forte pour laquelle une fiducie est recommandée, et c'est une fonction qu'un Lady Bird deed n'offre pas.

Fait vérifié À l'incapacité du constituant, le fiduciaire successeur d'une fiducie révocable vivante assume la gestion des biens de la fiducie selon ses modalités, sans tutelle judiciaire des biens. Un acte n'offre pas cela.Sources : Florida Statutes ch. 736 (pouvoirs du fiduciaire successeur).

Section 04Aucune protection contre les créanciers, aucun abri contre l'impôt successoral

En brefParce que le constituant garde le plein contrôle, les biens restent atteignables par ses créanciers de son vivant, et la fiducie ne donne aucune protection contre l'impôt successoral américain. L'IRS regarde à travers elle : le bien floridien compte toujours dans la succession de source américaine.

Le mot révocable a un coût. Parce que le constituant peut reprendre les biens en tout temps, la loi traite ces biens comme appartenant encore au constituant à deux fins importantes. La première, ce sont les créanciers : une fiducie révocable vivante ne met pas les biens à l'abri des créanciers du constituant de son vivant, puisque tout ce que le constituant peut reprendre, un créancier peut l'atteindre. Les personnes qui veulent une protection contre les créanciers ont besoin d'une structure différente et irrévocable, avec ses propres compromis.

La seconde, c'est l'impôt successoral américain, et c'est le point qu'un Canadien ne doit pas manquer. Éviter l'homologation concerne la façon dont le titre passe ; l'impôt successoral américain concerne ce que le défunt est réputé posséder. Pour l'impôt successoral américain, l'IRS regarde à travers une fiducie révocable vivante et traite les biens comme ceux du constituant. Un bien floridien détenu dans la fiducie reste un bien de situs américain et compte toujours dans la succession de source américaine d'un non-résident. La fiducie n'y change rien. Que de l'impôt soit dû ou non dépend du seuil de 60 000 USD et du crédit du traité Canada-États-Unis, exposés dans notre guide de l'impôt successoral américain pour non-résidents. La leçon est la leçon habituelle : éviter l'homologation et éviter l'impôt successoral sont deux travaux différents.

Fait vérifié Une fiducie révocable vivante ne donne aucune protection contre les créanciers du constituant de son vivant, et aucun abri contre l'impôt successoral américain. Pour l'impôt successoral américain, l'IRS traite les biens de la fiducie comme ceux du constituant, de sorte qu'un bien floridien dans la fiducie reste un bien de situs américain dans la succession du non-résident.Sources : règles de l'impôt successoral américain sur les biens de situs américain ; voir le guide de l'impôt successoral américain pour non-résidents pour le seuil et le crédit du traité.

Section 05Le piège fiscal transfrontalier canadien

En brefLes États-Unis ignorent la fiducie pour l'impôt sur le revenu ; le Canada la traite comme un contribuable séparé. Ce seul décalage entraîne une disposition réputée tous les 21 ans, l'attribution du revenu au constituant, une possible résidence canadienne réputée pour la fiducie, et un risque réel de double imposition.

C'est le cœur de la question pour un Canadien, et la raison pour laquelle un outil banal pour un Floridien devient un fardeau de l'autre côté de la frontière. Tout ce qui précède décrit ce que la fiducie fait. Cette section décrit pourquoi, pour un Canadien, elle ne devrait habituellement pas être utilisée du tout.

Deux pays, deux traitements opposés. Pour l'impôt sur le revenu américain, une fiducie révocable vivante est une entité transparente (disregarded entity), souvent appelée fiducie de constituant (grantor trust). Les États-Unis regardent droit à travers elle : il n'y a aucun événement imposable quand les biens y entrent, aucun quand la fiducie est révoquée, et le constituant déclare simplement le revenu comme le sien. Le Canada fait l'inverse. En vertu de la Loi de l'impôt sur le revenu, une fiducie est un contribuable séparé, une personne distincte avec ses propres obligations de déclaration et son propre impôt. La structure invisible dans un pays est un contribuable à part entière dans l'autre, et ce décalage est la source de tous les problèmes qui suivent.

La disposition réputée des 21 ans. Une fiducie résidente du Canada est réputée, en vertu de l'article 104(4) de la Loi de l'impôt sur le revenu, disposer de ses immobilisations à la juste valeur marchande tous les 21 ans, qu'un bien soit réellement vendu ou non. Les gains accumulés sont imposés à cet anniversaire comme si les biens avaient été vendus puis rachetés. Un bien floridien qui prend tranquillement de la valeur à l'intérieur de la fiducie peut donc générer une facture canadienne de gains en capital sans vente, sans liquidités et sans avertissement, sur une horloge dont le constituant peut même ignorer le tic-tac.

Quand la fiducie est réputée résidente du Canada. La résidence d'une fiducie aux fins fiscales canadiennes suit le lieu où sa gestion et son contrôle centraux se situent réellement. Si le constituant est le fiduciaire et est, ou devient, résident du Canada, la fiducie peut elle-même être réputée résidente du Canada. À partir de ce moment, elle doit l'impôt canadien sur son revenu mondial et doit déclarer à l'Agence du revenu du Canada, tandis que les États-Unis attendent toujours leur propre déclaration, de sorte que la même fiducie produit désormais des deux côtés de la frontière. Un Canadien qui constitue une fiducie floridienne alors qu'il est encore aux États-Unis, puis rentre au pays, peut entraîner la fiducie dans la résidence canadienne sans s'en rendre compte.

L'attribution au constituant. Le paragraphe 75(2) de la Loi de l'impôt sur le revenu ajoute une couche supplémentaire. Lorsqu'un bien est détenu par une fiducie à des conditions qui lui permettent de revenir à la personne qui l'a versé, ou de passer à des personnes qu'elle choisit, le revenu et les gains en capital de ce bien sont attribués au cédant et imposés entre ses mains de son vivant. Une fiducie révocable vivante est, par nature, exactement un tel arrangement, de sorte que son revenu est généralement imposé personnellement au constituant selon les règles canadiennes, supprimant même le report qu'un contribuable séparé pourrait autrement offrir.

Le risque de double imposition. Le problème le plus profond est que les deux systèmes ne s'alignent pas, de sorte que les impôts ne se compensent pas proprement. Au décès, le Canada répute une disposition des immobilisations et impose le gain accumulé ; les États-Unis imposent l'impôt successoral sur la valeur des biens de situs américain. Ce sont des impôts différents, sur des assiettes différentes, perçus par des pays différents, et les crédits pour impôt étranger censés prévenir la double imposition ne s'alignent souvent pas pleinement entre eux. L'impôt successoral américain payé n'est pas nécessairement créditable contre l'impôt canadien sur les gains en capital. Le résultat peut être un impôt dans les deux pays sur le même bien, précisément le dénouement que la planification transfrontalière vise à éviter.

Fait vérifié Pour l'impôt sur le revenu américain, une fiducie révocable vivante est une fiducie de constituant transparente (disregarded grantor trust) ; pour l'impôt canadien, une fiducie est un contribuable séparé. Une fiducie résidente du Canada est réputée disposer de ses immobilisations à la juste valeur marchande tous les 21 ans (Loi de l'impôt sur le revenu, art. 104(4)) ; la résidence de la fiducie suit la gestion et le contrôle centraux ; et l'art. 75(2) attribue le revenu et les gains de la fiducie au constituant. L'impôt canadien sur les gains en capital au décès et l'impôt successoral américain ne se compensent pas nécessairement, créant un risque de double imposition.Sources : Loi de l'impôt sur le revenu, art. 104(4), art. 75(2) ; résidence des fiducies selon le droit fiscal canadien ; traitement américain de la fiducie de constituant.
Opinion La position constante des cabinets de fiscalité transfrontalière est que les Canadiens devraient généralement éviter une fiducie révocable vivante américaine, ou effondrer une fiducie existante avant de devenir résident du Canada, à moins qu'un spécialiste en fiscalité transfrontalière n'ait conçu le plan autour de ces règles. C'est l'opinion professionnelle dominante plutôt qu'une règle de loi : les lois posent les pièges, et les praticiens y voient une raison d'orienter la plupart des Canadiens vers un outil plus simple comme un Lady Bird deed.

Section 06Quand une fiducie garde un sens pour un Canadien

En brefLa fiducie n'est pas toujours un mauvais choix. Pour des successions vraiment complexes, plusieurs biens, plusieurs États, des bénéficiaires mineurs, une famille recomposée, ou un réel souci d'incapacité, la souplesse de la fiducie peut l'emporter sur le coût fiscal, mais seulement avec un spécialiste transfrontalier.

Rien de ce qui précède ne signifie qu'une fiducie révocable vivante n'est jamais la bonne réponse pour un Canadien. Cela signifie que la décision doit être prise en toute connaissance de cause, en regard du coût fiscal. Il y a des situations où la souplesse de la fiducie mérite vraiment son prix : une succession avec plusieurs biens dans plus d'un État américain, des distributions à étaler dans le temps, des bénéficiaires mineurs ou incapables de gérer une somme forfaitaire, une famille recomposée où le plan doit protéger les enfants d'une union antérieure, ou un souci sérieux d'incapacité où une gestion sans heurt compte plus que l'efficience fiscale.

Dans ces cas, la réponse n'est pas de recourir à la fiducie par défaut, mais de faire appel à un spécialiste en fiscalité transfrontalière, un conseiller qualifié à la fois en fiscalité américaine et canadienne, qui peut soupeser l'exposition aux 21 ans, l'attribution et le risque de double imposition en regard de l'avantage de planification, et structurer en conséquence là où c'est possible. Le but de ce guide n'est pas que les fiducies soient interdites, mais que, pour un Canadien, elles soient un outil avancé avec une lourde traîne fiscale, et non le premier choix de routine qu'elles sont pour un résident de la Floride.

Opinion Pour la plupart des Canadiens ayant un seul bien floridien et un plan de distribution simple, le coût fiscal transfrontalier d'une fiducie révocable vivante l'emporte sur son avantage, et un Lady Bird deed réalise l'évitement de l'homologation plus proprement. La fiducie ne mérite sa place que dans des successions vraiment complexes, et même là, seulement sous l'encadrement d'un professionnel transfrontalier.

Section 07Fiducie, Lady Bird deed et homologation comparées

En brefLe tableau oppose la fiducie au Lady Bird deed et à l'inaction. Pour un Canadien, la ligne de la fiscalité transfrontalière est celle qui tranche habituellement.

Les trois façons de gérer un bien floridien au décès diffèrent par ce qu'elles couvrent, ce qu'elles coûtent, si elles gèrent l'incapacité, et, de façon décisive pour un Canadien, par l'ampleur de la friction fiscale transfrontalière qu'elles créent.

CaractéristiqueLady Bird deedFiducie révocable vivanteHomologation (aucun instrument)
Ce qu'il couvreUn bien (ou quelques-uns)Tous les biens financés dans la fiducieSans objet (le défaut)
Évite l'homologationOuiOui (pour les biens financés)Non
Contrôle pendant la vieTotalTotal (le constituant est fiduciaire)Sans objet
IncapacitéNon géréeGérée par le fiduciaire successeurSans objet
Coût typiqueFaible (une fraction d'une fiducie)2 000 à 5 000 USDCoût de l'homologation elle-même
Piège fiscal transfrontalier canadienFaibleÉlevé (règle des 21 ans, contribuable séparé, risque de double imposition)Sans objet
Traitement MedicaidFavorable (aucun don, aucun lookback)Moins favorableSans objet

En lisant la ligne de la fiscalité transfrontalière, le choix devient clair pour la plupart des Canadiens. Le Lady Bird deed, couvert dans notre guide du Lady Bird deed, livre le même évitement de l'homologation pour un seul bien à une fraction du coût et sans l'exposition fiscale de la fiducie. La fiducie ne l'emporte que là où son ampleur et sa gestion de l'incapacité sont réellement nécessaires, et même là, la traîne fiscale doit être gérée. Un couple marié a une option de plus avec la tenance par l'entièreté, et les copropriétaires avec la tenance conjointe avec droit de survie.

Fait vérifié La comparaison est vérifiée : un Lady Bird deed couvre un bien à faible coût avec peu de friction transfrontalière ; une fiducie révocable vivante couvre tous les biens financés et gère l'incapacité mais porte le piège fiscal transfrontalier canadien ; l'homologation est le défaut coûteux si rien n'est fait.Sources : Florida Statutes ch. 736 ; pratique floridienne de l'acte de propriété viagère bonifiée (Lady Bird) ; Loi de l'impôt sur le revenu, art. 104(4) et art. 75(2).
Fourchette typique Un montage de fiducie révocable vivante en Floride coûte généralement environ 2 000 à 5 000 USD à établir, selon la complexité, tandis qu'un Lady Bird deed coûte une petite fraction de cela. Ce sont des fourchettes pratiques, non des devis, et elles varient selon l'avocat et la succession.Sources : prix du marché floridien de la planification successorale (fourchette pratique).

Section 08Exemple chiffré

En brefUne snowbird canadienne finance un condo floridien dans une fiducie révocable vivante, puis revient vivre au Canada. Le condo évite l'homologation, mais la fiducie est entraînée dans la résidence canadienne et son régime fiscal.

Prenons une snowbird canadienne qui possède un condo floridien d'une valeur d'environ 300 000 USD et qui, sur conseil floridien, signe une fiducie révocable vivante et y finance le condo. Le chiffre est une illustration, et non un calcul pour un cas précis. Durant les années qu'elle passe surtout en Floride, le plan paraît net : elle contrôle le condo comme fiduciaire, et au décès le fiduciaire successeur le transmettrait à ses enfants sans homologation accessoire.

Puis sa situation change et elle revient vivre au Canada à temps plein, en demeurant fiduciaire. Parce que la gestion et le contrôle centraux de la fiducie se trouvent désormais au Canada, la fiducie peut être réputée résidente du Canada. À partir de là, elle est exposée à la disposition réputée des 21 ans sur le gain accumulé du condo, son revenu lui est attribué en vertu de l'article 75(2), et elle fait face à une déclaration à la fois à l'ARC et à l'IRS. À son décès, le Canada réputera une disposition du condo et imposera le gain, tandis que les États-Unis établiront l'impôt successoral sur le même bien de situs américain, sans garantie que les deux se compensent. La fiducie a bien évité l'homologation, mais elle a importé un problème fiscal transfrontalier qu'un simple Lady Bird deed sur le condo aurait évité entièrement. Le chiffre en dollars ici est une illustration ; le mécanisme est l'essentiel.

Fait vérifié Une fiducie dont le fiduciaire-constituant devient résident du Canada peut elle-même être réputée résidente du Canada, l'exposant à la disposition réputée des 21 ans et à l'attribution, tandis que l'impôt successoral américain s'applique toujours au bien de situs américain au décès. Le montant en dollars de l'exemple est une illustration.Sources : Loi de l'impôt sur le revenu, art. 104(4), art. 75(2) ; règles canadiennes de résidence des fiducies ; impôt successoral américain sur les biens de situs américain.

Section 09Erreurs courantes

En brefLes erreurs récurrentes sont de signer une fiducie sans jamais la financer, un Canadien qui utilise une fiducie américaine sans conseil transfrontalier, croire que la fiducie protège contre les créanciers, et croire qu'elle évite l'impôt successoral américain.

Signer la fiducie sans jamais la financer. Une fiducie non financée n'évite aucune homologation. Chaque bien doit être ré-immatriculé au nom de la fiducie, et les nouveaux biens y être ajoutés à mesure de leur acquisition. Une fiducie dont le condo est encore au nom personnel du propriétaire ne fait rien pour ce condo.

Un Canadien qui utilise une fiducie révocable américaine sans conseil transfrontalier. C'est l'erreur centrale dont parle ce guide. La règle des 21 ans, les règles d'attribution, le risque de résidence canadienne réputée et l'exposition à la double imposition peuvent tous s'appliquer, et aucun n'est visible du côté floridien.

Croire que la fiducie protège contre les créanciers. Une fiducie révocable ne le fait pas. Parce que le constituant peut reprendre les biens, ses créanciers peuvent les atteindre de son vivant.

Croire que la fiducie évite l'impôt successoral américain. Elle ne le fait pas. L'IRS regarde à travers la fiducie, et le bien floridien reste un bien de situs américain dans la succession du non-résident.

Section 10Aide-mémoire

En brefUn aide-mémoire ordonné pour un Canadien qui soupèse une fiducie révocable vivante floridienne.
  • Avant toute chose, demandez-vous si un Lady Bird deed atteindrait l'objectif plus simplement et à moindre coût.
  • Si vous êtes résident du Canada, ne constituez pas de fiducie révocable vivante américaine sans un spécialiste en fiscalité transfrontalière.
  • Comprenez la disposition réputée des 21 ans, les règles d'attribution, et le risque que la fiducie soit réputée résidente du Canada.
  • Si vous détenez déjà une fiducie américaine et déménagez au Canada, faites-vous conseiller sur son effondrement avant de devenir résident.
  • Si vous utilisez une fiducie, financez-la : ré-immatriculez chaque bien au nom de la fiducie et gardez-la financée.
  • Tenez compte de l'impôt successoral américain séparément : la fiducie n'abrite pas le bien de cet impôt.
  • Faites appel à un conseiller qualifié à la fois en fiscalité américaine et canadienne, et non à un professionnel limité à la Floride ou au Canada.

Section 11FAQ

En brefLes questions que les Canadiens posent le plus souvent sur les fiducies révocables vivantes floridiennes.

Une fiducie révocable vivante évite-t-elle l'homologation floridienne ? Oui, pour tout bien financé en son sein. Les biens laissés au nom personnel du constituant passent tout de même par l'homologation, donc le financement est essentiel. La procédure que la fiducie évite est expliquée dans notre guide de l'homologation accessoire floridienne.

Pourquoi est-ce un problème pour les Canadiens en particulier ? Parce que les États-Unis ignorent la fiducie pour l'impôt sur le revenu tandis que le Canada la traite comme un contribuable séparé. Cela amène la disposition réputée des 21 ans, l'attribution au constituant, une possible résidence canadienne pour la fiducie, et un risque de double imposition.

Un Lady Bird deed est-il meilleur pour moi ? Pour un seul bien et un plan simple, habituellement oui. Un Lady Bird deed évite la même homologation à une fraction du coût et sans l'exposition fiscale transfrontalière de la fiducie.

La fiducie évite-t-elle l'impôt successoral américain ? Non. L'IRS regarde à travers elle, et le bien floridien reste de situs américain. Voyez notre guide de l'impôt successoral américain pour non-résidents pour le seuil et le crédit du traité.

Qu'en est-il de ma succession canadienne et de mon testament ? Votre succession canadienne a sa propre homologation et ses propres frais, couverts dans notre guide des frais d'homologation, et la validité de votre testament en Floride est couverte dans notre guide de la validité du testament en Floride (en préparation).

Équipe éditoriale

Équipe éditoriale CanadaFlorida

Recherche tirée de sources publiques primaires citées au bas de chaque guide : lois américaines et floridiennes, agences fédérales américaines et canadiennes, autorités officielles de l'État de la Floride, et organismes provinciaux canadiens le cas échéant.

Chaque règle, citation de loi et référence d'arrêt de ce guide est tirée d'une source primaire vérifiable listée au bas de la page. L'article est mis à jour chaque fois que les règles sous-jacentes changent, avec une date de révision fraîche en haut.

Checklist avant de créer la fiducie révocable

Sources et références

Droit américain et canadien primaire, vérifié à la date de dernière révision.

  1. Florida Statutes Chapter 736, Florida Trust Code (création, financement, pouvoirs du fiduciaire et du fiduciaire successeur, fiducies révocables).
  2. Loi de l'impôt sur le revenu (Canada), art. 104(4), disposition réputée des biens d'une fiducie (la règle des 21 ans).
  3. Loi de l'impôt sur le revenu (Canada), art. 75(2), attribution du revenu et des gains d'une fiducie au cédant.
  4. Résidence d'une fiducie aux fins fiscales canadiennes : critère de la gestion et du contrôle centraux.
  5. Traitement américain de la fiducie de constituant (entité transparente) d'une fiducie révocable vivante pour l'impôt sur le revenu américain.
  6. Impôt successoral américain sur les biens de situs américain ; voir le guide CanadaFlorida sur l'impôt successoral américain pour non-résidents pour le seuil de 60 000 USD et le crédit du traité.

Avis éducatif et avertissement

Ce guide est à vocation éducative seulement. Les lois, règles et traitements fiscaux proviennent de sources publiques à la date indiquée et peuvent changer.

Une fiducie transfrontalière a d'importantes conséquences fiscales canadiennes et américaines. Avant toute décision concrète, consultez un avocat en planification successorale floridien et un fiscaliste transfrontalier qualifié à la fois en fiscalité américaine et canadienne.